lesemeur

chanson

Mannini

Tu vivais dans les montagnes
Sur cette île aux fleurs
Dans la fraîcheur du Mont Pelé
Entre la vanille et le café

Au Morne Rouge
Dans le calme de la campagne
On ne pouvait se rendre chez toi
Qu’à pied, par le sentier effacé

Mannini… Mannini…
Ô Mannini du Morne Rouge
Ton nom flotte dans le vent tiède
Comme une feuille tombée du balisier
Mannini… Mannini…
Dans la brume du matin gris
Ton sourire reste accroché
Aux nuages qui pleurent sur les mornes

Tu parlais peu, mais tes mains racontaient tout
Le goût de la terre rouge, le jus sucré de la canne
Les fruits à pain lourds qui tombaient en silence
Et le chant lointain des grenouilles après l’averse

Chez toi, parfois plus d’électricité
Juste une lampe à pétrole qui tremblait
Les voisins montaient avec du rhum arrangé
Et des histoires qui berçaient jusqu’à l’aube… disparue

Mannini… Mannini…
Ô Mannini du Morne Rouge
Ton nom flotte dans le vent tiède
Comme une feuille tombée du balisier
Mannini… Mannini…
Dans la brume du matin gris
Ton sourire reste accroché
Aux nuages qui pleurent sur les mornes

Aujourd’hui les routes sont bitumées, froides
Les 4x4 grimpent sans même y penser
Mais moi je prends encore le vieux sentier
Pour sentir ton ombre qui marche à mes côtés

Le Pelé veille toujours, muet, sur ton toit vide
La vanille embaume, mais plus comme avant
Et quand le vent descend de la montagne
J’entends ta voix qui murmure : « Pa ni pwoblem… »

Mannini, ou té ka viv anlè
Anlè Morne Rouge, anba pyé vaniy
Ou té ka planté kafé épi fouyapen
Lè lapli tonbé, ou té ka ri épi syèl-la…

Lannuit ka vini, lanp petwòl ka limen dousman
Voisin ka monté épi ti boutèy rhum
Ou té ka konté listwa tan lontan
Épi vwa dous, kon van ki ka pasé an bwa

Mé ou ka manké, Mannini
An tjè mwen ka fè mal
Mwen ka songé ou chak jou
Kon yon ti van ki pa ka sispann

Mannini… Mannini…
Ô Mannini du Morne Rouge
Tu n’es plus là, mais tu habites partout
Dans chaque goutte de rosée qui tombe en silence
Dans chaque fleur qui s’ouvre et se souvient
Mannini… Mannini…
Garde-moi une place sur ton vieux banc de bois
Quand viendra mon tour de monter
À pied… tout seul… jusqu’au calme de la campagne perdue…

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